Emploi des seniors : prévenir l’usure psychologique et la perte de sens

Alors que le taux d’emploi des 55-64 ans atteint un nouveau palier en ce mois de juin 2026, une vaste étude de la DARES alerte sur les conditions de maintien en poste de cette population. Au-delà de la pénibilité physique, c’est l’usure psychologique et le sentiment de marginalisation qui menacent les fins de carrière. 

L’allongement de la durée de la vie professionnelle pose un défi majeur aux services de ressources humaines. La publication de la Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (DARES) de juin 2026 met en lumière une souffrance souvent silencieuse chez les seniors : le « bore-out » (épuisement par l’ennui) et le sentiment de déclassement. Trop souvent perçus au prisme de leurs limitations physiques potentielles, les travailleurs expérimentés font face à une raréfaction des propositions de formation et à un plafonnement de leurs perspectives d’évolution. 

La « placardisation » douce, un risque psychosocial majeur 

Le rapport pointe du doigt un phénomène de désengagement progressif, induit par des pratiques managériales inadaptées. L’assignation à des tâches routinières ou la mise à l’écart des projets stratégiques innovants génèrent une perte de sens profonde. Cette exclusion implicite du collectif de travail dynamique heurte l’estime de soi du collaborateur, transformant les dernières années de carrière en une épreuve d’endurance psychologique, augmentant les risques de syndromes dépressifs. 

Valoriser la transmission et réaménager les parcours 

Pour contrer cette tendance, les psychologues du travail plaident pour une refonte des entretiens de seconde partie de carrière. L’enjeu en 2026 est de passer d’une logique de « gestion du déclin » à une logique de valorisation de l’expertise. La création de rôles formels de mentorat, la flexibilité des horaires en fin de parcours (retraite progressive) et l’intégration systématique de l’usure psychologique dans le Document Unique sont des leviers indispensables. L’expérience ne doit plus être gérée comme un coût, mais comme un capital social à préserver. 

Sources :