Publiée le 1er juillet 2026, l’étude annuelle de Malakoff Humanis sur l’absentéisme décrit un phénomène qui ne se caractérise plus par le nombre d’arrêts mais par leur durée. Les troubles psychologiques y occupent désormais le premier rang des causes d’absence prolongée.

Un absentéisme porté par les arrêts longs
Le groupe de protection sociale situe le taux d’absentéisme du secteur privé à 4,3 % pour 2025, en progression de 25,5 % depuis 2019. Près d’un tiers des salariés du privé — 32 % — déclarent avoir connu au moins un arrêt de travail au cours de l’année.
La donnée la plus significative concerne la répartition. Les arrêts de plus de soixante jours ne représentent que 9,4 % des arrêts, mais concentrent 63,8 % des journées d’absence. Autrement dit, l’essentiel du volume d’absence se joue sur une minorité de situations longues. Ces arrêts longs progressent de 4,9 % sur un an.
La santé mentale au premier rang
Les troubles psychologiques — dépression, troubles anxieux, épuisement professionnel — représentent 37,8 % des arrêts de plus de trente jours. Cette proportion a progressé de 25 % depuis 2020. Ils constituent aujourd’hui la première cause des arrêts longs.
L’étude identifie des populations plus exposées : les salariés de moins de quarante ans, les femmes et les cadres. Le taux d’absentéisme des cadres a progressé de 35,2 % depuis 2019. Les salariés de moins de trente ans sont les plus fréquemment arrêtés, tandis que ceux de plus de cinquante-cinq ans connaissent des arrêts moins nombreux mais plus longs.
Un résultat mérite l’attention des organisations : parmi les salariés concernés par un trouble psychologique, un sur deux déclare ne pas oser aborder le sujet dans son entreprise. Le silence n’est donc pas l’exception mais la situation majoritaire.
Le retour, angle mort de la prévention
72 % des salariés estiment qu’une reprise après plus de trente jours d’arrêt est difficile. L’étude relève par ailleurs que plus d’une entreprise sur deux n’a mis en place aucune action spécifique contre l’absentéisme, et que 29 % seulement disposent d’actions structurées de prévention.
Ces chiffres dessinent un décalage : le phénomène est identifié comme préoccupant par les employeurs, mais l’outillage reste limité, en particulier sur la phase de reprise — étape déterminante pour la durée totale de l’absence comme pour le maintien dans l’emploi.
Une lecture à situer
L’étude s’appuie sur les données anonymisées de 3,8 millions de salariés du secteur privé du portefeuille de l’assureur, sur l’analyse de plus de 300 000 dossiers d’arrêts longs indemnisés, et sur un baromètre réalisé par l’Ifop auprès de 3 000 salariés, 400 dirigeants et 200 médecins généralistes.
Deux réserves accompagnent cette lecture. La base de données correspond au portefeuille d’un organisme assureur et non à un échantillon construit pour être représentatif de l’ensemble du salariat français. Par ailleurs, le commanditaire opère sur le marché de la prévoyance collective, ce que l’étude ne dissimule pas mais qui invite à distinguer les constats des recommandations qui les accompagnent.
Sous ces réserves, la tendance qu’elle décrit — allongement des arrêts et montée des causes psychiques — converge avec d’autres travaux publiés sur la santé mentale au travail.
Sources
- Malakoff Humanis, communiqué du 1er juillet 2026, Absentéisme en entreprise : près d’un salarié du privé sur trois a connu un arrêt de travail en 2025 selon l’étude 2026 de Malakoff Humanis : https://www.globenewswire.com/news-release/2026/07/01/3320396/0/fr/absent%C3%A9isme-en-entreprise-pr%C3%A8s-d-un-salari%C3%A9-du-priv%C3%A9-sur-trois-a-connu-un-arr%C3%AAt-de-travail-en-2025-selon-l-%C3%A9tude-2026-de-malakoff-humanis.html
