L’encadrement sous pression : la santé mentale des managers au cœur des enjeux de 2026 

En préparation de la Semaine pour la Qualité de Vie et des Conditions de Travail (QVCT) prévue en juin, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) a dévoilé en ce mois de mai 2026 le thème de son édition annuelle : « Manager, c’est tout un travail ». Une orientation qui souligne l’urgence d’accompagner une population de plus en plus exposée aux risques psychosociaux. 

Le rôle du manager de proximité a subi de profondes mutations ces dernières années. Jadis perçu principalement comme un relais de la stratégie de direction et un superviseur de la production, l’encadrant est aujourd’hui sommé d’être le premier préventeur de la santé mentale de ses équipes. C’est à lui qu’incombe la responsabilité d’animer le collectif, de détecter les signaux faibles d’épuisement professionnel et de réguler la charge de travail, tout en garantissant l’atteinte des objectifs opérationnels. 

Le syndrome du « manager amortisseur » 

Les travaux préparatoires de l’Anact, et notamment les enquêtes menées au printemps 2026, mettent en lumière une réalité préoccupante : les managers souffrent de plus en plus d’injonctions paradoxales. Pris en étau entre les exigences de rentabilité de leur hiérarchie et les attentes de flexibilité et de bien-être de leurs collaborateurs, ils agissent souvent comme des amortisseurs de crise. Cette surcharge cognitive et émotionnelle les place paradoxalement parmi les populations les plus vulnérables face au risque de burn-out. L’épuisement managérial n’est plus un épiphénomène, mais un véritable risque systémique pour les organisations. 

Passer de l’injonction au soutien structurel 

La prise de conscience actuelle invite les directions des ressources humaines à repenser leur accompagnement. Il ne s’agit plus seulement de dispenser des formations théoriques sur le leadership bienveillant, mais de doter l’encadrement de marges de manœuvre réelles. La prévention efficace des risques psychosociaux (RPS) nécessite la création d’espaces de discussion entre pairs, permettant aux managers d’échanger sur la complexité de leur activité réelle. 

L’approche organisationnelle devient ainsi incontournable. Évaluer la propre charge de travail des encadrants lors de la mise à jour du Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) constitue une première étape légale et stratégique. Le soutien peut également se traduire par des dispositifs d’observation des pratiques, des groupes d’analyse de la pratique ou un accompagnement individuel ciblée face aux situations de tension. En 2026, protéger la santé du manager, c’est garantir l’équilibre psychologique de toute une équipe. 

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