La fatigue informationnelle au travail : un défi majeur du monde numérique

Qu’est-ce que la fatigue informationnelle ?

Avec la multiplication des outils numériques — courriels, messageries instantanées, plateformes collaboratives, visioconférences — de nombreux salariés sont confrontés à un excès d’informations à traiter en permanence. Ce phénomène, souvent appelé fatigue informationnelle ou « stress numérique », désigne la surcharge cognitive liée à la quantité, la rapidité et la fragmentation des flux d’informations.

Une enquête récente montre qu’un actif sur quatre subit cette fatigue au travail, avec des niveaux « intenses » ou « très intenses » chez une proportion non négligeable de salariés.

Pourquoi ce phénomène est-il préoccupant ?

  • Surcharge cognitive et charge mentale : le cerveau doit trier, hiérarchiser, décider — des demandes constantes qui mobilisent la mémoire de travail et épuisent les ressources mentales.
  • Perte de concentration, stress, anxiété : notifications, interruptions, réunions successives — autant de facteurs qui fragmentent l’attention et provoquent un sentiment d’urgence permanent.
  • Risque de burn-out, baisse de motivation et démotivation : face à la surcharge, l’engagement des salariés peut diminuer, la qualité du travail pâtir, le bien-être psychique se détériorer.

Impacts pour l’entreprise

La fatigue informationnelle ne concerne pas seulement l’individu : elle affecte la productivité, la qualité du travail, l’organisation collective. Les erreurs, les retards, l’absentéisme, la démotivation peuvent se multiplier — autant de signaux d’alerte pour la santé organisationnelle.

Comment agir ? Quelques pistes concrètes

  • Limiter le nombre de canaux d’information : regrouper les flux, éviter les doublons, clarifier les outils utilisés.
  • Mettre en place des « plages sans mail » : consulter les mails ou messages à des moments définis et non en continu.
  • Favoriser un usage raisonné des outils numériques, sensibiliser les équipes aux risques de surcharge, promouvoir des temps de déconnexion réels.
  • Intégrer des pratiques de régulation collective : groupe de travail, atelier sur la gestion de l’information, réflexions sur la charge cognitive, accompagnement psychologique si nécessaire.

Pourquoi c’est un sujet crucial pour la psychologie du travail ?

En tant que psychologue du travail, l’observation de ces dynamiques — surcharge informationnelle, stress numérique, désengagement — est essentielle pour préserver la santé mentale des salariés. L’accompagnement adapté, la formation des managers, la co-construction de politiques internes de régulation de l’information deviennent des leviers de prévention importants.

Intégrer la prévention de la fatigue informationnelle dans les politiques de santé au travail, c’est anticiper un risque de plus en plus répandu, et contribuer à créer des environnements professionnels plus sains, plus durables et plus respectueux de la santé psychique.